Jeudi saint

Ce soir n’est pas n’importe quel soir. Jésus rassemble autour de lui ses amis. Il sait que dans quelques heures il va être arrêté, qu’il va être jugé et qu’il va mourir. Il sait que la communauté naissante qu’il a réunie va vivre une grande épreuve, qu’elle va même se disperser. Dans ce moment si fort, si intense, Jésus veut leur redire combien il les aime, combien ils ont une grande place dans son cœur. Et il va le leur dire non seulement avec des mots mais il va le dire avec ses mains, avec son corps. Il se met à genoux et lave les pieds de ses amis. Sa manière d’être, révèle son cœur plein d’amour. Sa manière de s’abaisser devant ses apôtres, de se dépouiller de ses vêtements pour se faire serviteur nous font percevoir les sentiments qui habitent le Christ : « Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ». Et ce soir, nous aussi le Christ nous a rassemblés. Et ce geste du lavement des pieds que je viens de refaire nous aide à comprendre l’amour que Jésus a pour nous, la grandeur de ce que nous sommes à ses yeux. Mes amis, ce soir, nous nous laissons rejoindre par le Christ.
« La nuit où il était livré, le Seigneur prit du pain, puis ayant rendu grâce, il le rompit et dit : ceci est mon corps qui est pour vous. Après le repas il fit de même avec la coupe en disant : cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi ».
Non seulement le Christ veut faire comprendre à ses amis combien il les aime, mais il veut leur donner un signe de sa présence aimante. Il veut leur faire comprendre qu’ils ne seront jamais seuls puisqu’Il sera réellement présent avec eux sous le signe du pain et du vin consacrés. Il veut leur faire comprendre qu’ils n’auront pas à tenir sur leurs propres forces si fragiles puisqu’Il se donnera à eux en nourriture dans ce pain et ce vin consacrés. « Faites cela en mémoire de moi ». Mes amis c’est beau, c’est grand, c’est immense ce que nous célébrons ce soir : à chaque messe, à chaque Eucharistie, le Christ Jésus est là, Présent, Vivant. Ce pain et ce vin par la puissance de l’Esprit Saint deviennent le corps et le sang de Jésus. Il est là, comme il était là avec ses apôtres le soir du dernier repas, il est là, comme il était là avec Marie et Joseph dans la maison de Nazareth, il est là comme il était là avec les publicains et les pécheurs. Dans chaque messe, dans l’humilité et la simplicité du pain et du vin, Jésus, sa vie entière est là qui s’offre à nous, qui est pour nous. Vous voyez que lorsque nous venons communier au corps du Christ nous ne venons pas chercher quelque chose que nous ne méritons d’ailleurs pas. C’est Jésus qui vient à notre rencontre et qui veut faire de notre vie sa demeure. C’est vraiment Jésus qui est là et qui vient nous chercher pour nous conduire jusqu’au Père. C’est vraiment Jésus qui est là et qui vient pour nous réunir en un seul corps, comme des frères.
Mes amis, ce mystère est si grand que nous voyons bien qu’il est important de nous préparer à cette rencontre, de préparer notre cœur. Quand un ami vient me visiter, je me prépare, je me rends disponible, je me fais une joie de l’accueillir. Je laisse de côté d’autres occupations pour être tout à la personne. C’est bien ce que nous sommes invités à vivre lorsque nous venons à la messe. Je me prépare en me faisant un cœur tout neuf, dans la demande de pardon, dans l’écoute de la Parole de Dieu. Le silence dans l’Eglise lorsque nous arrivons pour la messe devrait aussi nous aider à cela. Je vais rencontrer Jésus, je vais le recevoir.
Et puis, il y a le moment de la communion. Encore une fois ce n’est pas une récompense qu’on vient chercher. C’est Jésus qui se donne à moi. Oh, on n’est jamais vraiment prêt à le recevoir. Rendez-vous compte, la vie divine qui vient habiter ma pauvre vie ! Dieu qui s’abaisse jusqu’à moi. On ne peut pas venir communier sans prendre conscience de cela. La procession n’est pas là pour me dégourdir les jambes ou pour regarder les gens qui m’entourent. La procession est là comme un mouvement vers Jésus qui vient jusqu’à moi. C’est si grand. Ca nous dépasse. Et même si je ne peux recevoir le corps du Christ, pour différentes raisons, je peux m’approcher pour recevoir la bénédiction de Dieu, sa paix dans mon cœur, sa présence aimante.
Après la communion, je crois que Jésus est là en moi. C’est un temps d’intimité, un cœur à cœur avec le Seigneur Ressuscité. Je peux alors lui parler, je peux le remercier, je peux lui dire combien je l’aime, combien j’ai besoin de lui. Ce temps de silence est précieux.
Puis la messe se termine. Je vais repartir. Saint Augustin disait : « deviens ce que tu reçois ». Ca veut dire : soit un Christ pour les autres. Puisque Jésus t’a rempli de sa présence, va rayonner sa présence au milieu du monde, dans tes relations, dans tes activités. Apporte Jésus aux autres en te faisant serviteur comme Jésus qui s’est abaissé pour laver les pieds de ses disciples. Fais de ta vie une offrande pour les autres. Fais cela en mémoire de Jésus que tu as reçu.
Les enfants qui allez communier pour la première fois et nous les adultes qui communions régulièrement, que cette Eucharistie nous aide à comprendre la grandeur de ce sacrement. Dieu s’abaisse jusqu’à nous pour nous prendre avec Lui et nous mener jusqu’au ciel, jusqu’à la vie éternelle dans la communion d’amour parfaite. Quelle joie ! Mais quel mystère ! Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait se demandait le psalmiste ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur. Bénis soit-il. Amen
Père Mickaël Le Nezet, curé.

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