CONCERT DE LA CHORALE SAINT BENOIST

Les chemins de Notre-Dame

1° – Prologue

C’était un de ces pays où le soleil est roi, un pays où la terre brûlée est difficile, où l’eau bienfaisante n’a pas de prix, qui fait les récoltes bienheureuses, un pays de roc et de lumière, où l’alliance d’un peuple avec son Dieu est inéluctable.

Et moi, voyageur solitaire en recherche d’absolu, j’allais à la rencontre de ces villages aux blanches maisons ombragées de noirs cyprès. Et je sentais que le village de ce soir-là, ce village où je venais de m’arrêter n’était pas comme les autres.

Et quand je t’ai vue, Marie, j’ai su tout de suite que, toi non plus, tu n’étais pas comme les autres. En te voyant marcher au détour de la rue, dans la lumière dorée du soir, dans la simplicité et la grâce de tes quinze ans, j’ai compris au premier instant que tout en étant en apparence semblable à toutes les autres, tu étais différente et j’ai senti confusément que ton destin n’était pas celui des autres, mais qu’il allait être formidablement exceptionnel et que l’univers entier allait bientôt proclamer Gloire à Marie.

Chorale : CHANTONS SUR TERRE, PRAETORIUS

2 ° – L’annonciation

Et puis ce matin-là, poussé peut-être par le désir de revoir ton clair visage, je suis passé près de la maison d’Anne et Joachim, tes parents. Dans l’ombre du figuier du jardin, tu étais là, assise, occupée à quelque tâche ménagère. Je n’eus que le temps de faire quelques pas… T’en souviens-tu, Marie ? Il y eut soudain une lumière à la fois plus douce et plus vive, un frémissant souffle de vent, je crus entendre comme un froissement d’ailes, doux et léger ainsi qu’un duvet d’hirondelle. Ton visage, un moment figé par la surprise, devint lumineux d’un immense bonheur intérieur.

Que t’avait dit l’Archange ? Cela avait commencé, je crois, par : je te salue, Marie…

Mais, alors que tu restais pensive et rayonnante, après avoir dit le oui que le messager céleste attendait, toutes choses alentour redevinrent ordinaires.

Mais moi, je savais que ces mots : « Ave maria », le peuple des hommes de tous les temps, dans ses paroles, dans ses musiques, allait les chanter en une interminable guirlande de louange. Tout cela parce que, à partir de cet instant, déjà, en toi Marie tu portes le Messie et que le Roi des Rois repose en toi.

Chorale : Nous te bénissons Vierge Marie

                Ave Maria de Luciani

3° – La Visitation

A quelques temps de là, j’étais allé vers ce petit village au pied des montagnes, où je savais que vivait ta vieille cousine Élisabeth. Elle aussi, par une sorte de prodige, attendait

l’enfant, inespéré dans son âge avancé. Et toi aussi, tu t’étais mise en chemin pour l’aller visiter. En effet, comment ne pas imaginer que sa fatigue ou ses difficultés auraient besoin de ta vaillante jeunesse, de ta tendre sollicitude. Je me souviens très bien encore, de loin je vous ai vues vous retrouver, tomber dans les bras l’une de l’autre, et j’entends encore vos paroles de joie et de louange : « toi, remplie de grâce, disait l’une, tu es bénie entre toutes les femmes ». « Et moi, disait l’autre, mon âme glorifie le Seigneur ».

Oui, Marie, tu es vraiment débordante de grâce pour tous les hommes du monde et ton chant de louange, Magnificat, est vraiment un modèle de prière.

Et moi aussi, j’avais envie de chanter ma joie, la joie des pauvres visités et de tes mains jointes vers l’Esprit du Seigneur.

Chorale : Magnificat, Avec Marie jubilons d’allégresse

4° – La Nativité.

Et voici qu’est venue la nuit bienheureuse ! Que de peine et de souffrance pour arriver jusque-là : la longue marche vers Bethléem, la tristesse et la déception devant le refus d’un peu de place en la ville ou à l’auberge. Mais tu acceptes tout sans rien dire, et puis Joseph est là, qui te soutient de sa présence affectueuse et de ses bras d’homme.

En venant, j’avais rencontré les bergers qui m’avaient accueilli auprès de leur feu. Avec eux, je m’étais réchauffé, et je crois bien que je m’étais endormi, tant la nuit était sainte et paisible, malgré la fraîcheur.

Et lorsque les anges chantèrent la gloire de Dieu et la paix des hommes, nous partîmes tous ensemble vers cette pauvre étable où venait de se produire la grande merveille. X (verset 2)

Oui, quel émerveillement : l’enfant, qui sans pouvoir rien dire encore, acceptait à son tour son immense destin de Sauveur des hommes, et toi, Marie, devant la crèche et devant les hommes, chantant la berceuse de la Mère-Dieu. Et j’entendais autour de moi, tous ces hommes simples et rudes, émus et étonnés, ne comprenant sans doute qu’à moitié, mais éblouis devant ton bonheur et devant un si grand mystère et magnifiant en leur âme la Mère de Dieu.

Chorale : Dans une étable obscure

                O Marie, O tendre mère

5° – La vie de Jésus

Et puis, commença le grand chemin de l’Enfant Dieu sur la terre des hommes. Je crois bien qu’à chaque événement, je fus présent, humble témoin, invisible et anonyme, puisqu’il a grandi devant Dieu et devant les hommes. Je l’ai donc vu grandir, et surtout, je t’ai vue, toi Marie, le faire grandir : sur la route de l’Egypte, fuyant déjà la cruauté humaine, à Nazareth, l’aidant à faire ses premiers pas, à Jérusalem, le cherchant, inquiète, et soulagée, le retrouvant au milieu des docteurs du temple, ou encore veillant tendrement sur son apprentissage avec son paternel patron charpentier.

Que de chemin parcouru, jusqu’au jour où tu l’as vu partir après qu’il eut rangé son atelier. Qu’as-tu fait seule après son départ ? Je me rappelle encore, la fête des noces à Cana, où tu l’avais accompagné. Et puis, je ne me souviens plus.

Après cela, ce fut la prodigieuse aventure du rassemblement des apôtres, les miracles des guérisons multiples, les chemins parcourus sur les routes de la Palestine, du Jourdain à Béthanie, de Capharnaum, à Tibériade, les sermons sur la montagne, « Bienheureux, Bienheureux, oui, bienheureux, surtout ceux qui l’ont vu, qui l’ont approché, qui l’ont entendu, jusqu’au jour de l’entrée triomphale à Jérusalem, le jour des Rameaux. Puis ce fut le dernier soir. Il avait désiré fêter la Pâques avec ses compagnons. Je revois les disciples s’informant de la salle auprès du propriétaire de la maison, les serviteurs s’activant pour les préparatifs. Et toi Marie, étais-tu peut-être là donnant tes conseils pour le repas, toi qui savais ce qu’il aimait. Et ce fut son dernier repas d’homme, ce repas qui allait devenir une formidable offrande pour ses amis et l’humanité tout entière.

Chorale : Regardez l’humilité de Dieu

6° – La Passion

Je ne te revois plus que dans cette rue tragique de Jérusalem. Torturé, sanglant, défiguré, titubant sous le poids de la croix, Il se traînait vers le supplice. Et tu as vu cela, ton enfant portant à lui seul la douleur et la cruauté du monde, et j’ai vu la souffrance de toute l’humanité passer dans le croisement de vos regards.

Chorale : Nous te bénissons, Vierge Marie,

Chorale : Mystère du calvaire

A ton tour, Marie souffrance, Marie douleur, Marie passion, tu es montée vers le Golgotha, à la suite du condamné et là-haut, devant cette croix dressée sur le monde, tu te tenais, mère douloureuse et silencieuse, soutenue par l’apôtre Jean, regardant ton fils mourir de si vilaine mort. Et moi, devant ton silence, j’aurais voulu crier ta douleur aux quatre horizons qui mettent la terre en croix.

Chorale : Stabat Mater, de Kodaly

7° – La Résurrection

Trois jours ont passé. C’est le matin d’un jour radieux, un matin rayonnant où l’air est tout plein de joyeuse lumière, de parfums d’asphodèles et de chants d’oiseaux. Et je vais vers le jardin où se trouve le tombeau. Les femmes sont déjà là, portant les aromates pour l’embaumement du corps de Jésus, les disciples sont là aussi, et tous s’étonnent devant le tombeau vide. Faut-il donc croire l’incroyable nouvelle ? Oui, il est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Mais toi, Marie, pourquoi n’es-tu pas là pour cueillir cet immense bonheur ? Mais je crois, oui, je crois que dans ton cœur de mère où tu conservais toutes ces choses, tu savais depuis toujours, qu’après la souffrance et la mort, viendrait la résurrection.

Alors, réjouis-toi, Marie, Alleluia, Regina Caeli, Laetare, Alleluia. Et tous les hommes se réjouiront avec toi, car la nuit s’en va, l’églantine sourit au cœur de l’aurore et la cloche pascale couvre d’alleluias les monts et les vallées.

Chorale : Regina Caeli, Lotti

8° – L’Assomption

Chorale : Nous te bénissons, Vierge Marie,

                Ave Maris Stella en grégorien

Tour d’ivoire, Arche d’alliance, Maison d’or, Porte du ciel. Ton fils, un beau matin, nous a quittés, remontant vers le Père, nous assurant pourtant qu’il était avec nous jusqu’à la fin des temps.

Chorale : La toute pure s’élève, J.P. Lécot

Et toi aussi, tu vas nous quitter à ton tour. A nouveau les apôtres vont rester devant un tombeau vide. Pour toujours, tu vas être réunie à ton fils, toi qui avais rempli de bonheur le cœur de Dieu. Sans toi, le ciel eut été sans doute incomplet. Mais te voici auprès de Dieu le Père, de Jésus, en union avec l’Esprit Saint, toi tout entière lumière au milieu de la lumière céleste.

Tu parachèves par ta présence bienheureuse la gloire de Dieu. Tu es avec Jésus le chemin qui nous conduit vers Dieu. Par toi, nous sommes en communion avec Dieu et au milieu des Anges et des Archanges, nous pouvons chanter à pleine voix : Alleluia, Alleluia, Alleluia !!!

Chorale : Alleluia, extrait du Messie de Haendel

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